Mercredi 03 Décembre 2008 16:04

Le ventre des choses



 

 

La poésie donne des droits. On peut marcher, ramper et cracher, on peut voler.
L'amour est permis sous toutes ses formes.

Penti Holappa

 

Réhabiliter la poésie.

La poésie transcende la réalité pour lui restituer son essence. C'est une parole sensible qui fait appel aux sens et donc au corps dans sa globalité d'être pensant et mouvant.
La poésie éveille les sens. À travers elle, on peut réapprendre à regarder, écouter, sentir, toucher et goûter.
Nous avons besoin de paroles mémoires. D'une parole, qui soit comme un œil sensible, tactile : l'œil de la terre.
Une parole qui nous relie à notre être sensible.

 

Je suis celui qui a besoin de la parole
surtout de celle qui entre des nuages et des doutes
devient muette.
Je suis celui qui a besoin
d'écouter le son
retenu
dans l'espace qui va de mon corps
à ton corps

Je suis celui qui est venu de la montagne
Même sans être jamais allé à la montagne
Entre aller et venir
il y a une distance à peine imaginaire


José Mario Rodrigues


L'association organise des lectures sensorielles. Elle plonge le spectateur dans un bain sensoriel. Un bain de mots tactiles et vibratiles.
Dans ce cadre, elle propose des lectures chez l'habitant pour un partage poétique.

Récemment, nous avons proposé une lecture promenade en pleine forêt de l'Avesnois. Mené sur des chemins sensoriels, le corps écoute s'imprègne de ce qui lui est raconté pour finir par se l'approprier et créer l'histoire.

 
À travers ce travail, nous cherchons à redonner du corps, de la chair à la poésie. Nous envisageons la poésie comme l'œil de la terre et le corps qui la véhicule comme le souffle de la Terre. De la rencontre entre l'œil et le souffle émerge l'acte poétique.


L'association mène un travail autour du livre-objet. Objet tactile que l'on lit avec les yeux et avec les mains. Un livre-objet est conçu comme une scénographie de l'histoire qui invite le lecteur à rentrer dans l'histoire avec son corps et ses sens.
C'est un objet de curiosité qui glisse des yeux à la pulpe des doigts et de la pulpe des doigts aux oreilles jusqu'à tomber dans la case imaginaire. C'est une histoire entre deux corps. Une histoire qui se tisse dans la rencontre entre l'objet, la matière et le lecteur. Une histoire de peau à peau. Une histoire de matières vivantes. Une rencontre tactile.

Actuellement, Le ventre des choses développe un projet de livres-objets en lecture.


L'association mène également un travail de sensibilisation à la poésie sous forme : d'ateliers alliant la poésie, la danse et les arts-plastiques; d'atelier fabrication de livres-objets ou en proposant des rencontres lectures autour d'un livre-objet.


Parallèlement, elle développe un partenariat avec l'association DIRADÀ à travers des projets mêlant danse et poésie contemporaine.

 


 

 

 


Je te  parlerai un langage de pierre
(tu réponds avec un monosyllabe vert)
Je te parlerai un langage de neige
(tu réponds avec un éventail d'abeilles)
Je te parlerai un langage d'eau
(tu réponds avec une pirogue d'éclairs)
Je te parlerai un langage de sang
(tu réponds avec une tour d'oiseaux)


Octavio Paz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Appeler parole l’écriture et l’écriture parole : elles écrivent dans l’air, elles parlent dans la tête, elles dessinent avec la voix, elles respirent sans bruit. Dans le théâtre de la lecture la parole et l’écriture sont un. Comme l’acteur, le lecteur prête son souffle aux lettres mortes ; il donne corps, il donne la vie et la mort de sa respiration, il avance avec celui qui écrivait dans une forêt  et un partage de mots : c’est une scène violente et invisible, jouées dans le recueillement. La parole est l’inattendue dans la tête : elle meurt sans cesse et renaît, elle mime qu’elle a un corps, elle désire et elle brûle : jetée en avant et rejouée à chaque fois, elle respire, elle invente que le monde a été trouvé en soufflant. L’écriture mène à ce qui est. Elle ne récite pas, ne résume pas, ne rend pas compte, ne suit rien, elle agit, elle est verbe ; elle marche, elle fait apparaître l’espace, où elle avance, elle montre comment l’espace est né, parlé. Le langage n’est pas une réalité immatérielle et au-dessus du monde ajoutée à la matière, un témoignage sur l’univers et la façon qu’ont trouvé certains animaux d’en parler ; le monde ne nous a pas attendu, comme des bêtes venues ici-bas, à cette date, rajouter dans la création le langage : le monde est parlé de naissance. Le langage est d’origine. Il n’est pas quelque chose qui va plus loin que toutes les choses parce qu’il rejoint leurs apparitions. La parole ne nomme pas, elle appelle. C’est un coup d’éclair, foudre : les mots n’évoquent pas, ils tranchent, fondent le rocher. Le langage n’a rien à décrire puisqu’il commence : il n’a rien de plus secret dans la manière que le mystère verbal. Le monde est un langage, notre parole s’en convient.

Valère Novarina  le monde est un langage 

 

slefevre, Betty Bertrand

L'association "Le ventre des choses" cherche à réhabiliter la poésie. À travers ses projets artistiques et le travail de sensibilisation qu'elle mène, l'association questionne l'acte poétique. L’acte poétique qu'elle envisage comme acte politique.

Betty Bertrand leventredeschoses@gmail.com 06 86 84 48 16

52 bis rue de Condé
1 cour Cauche
59000 Lille 

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