On lira ci après le compte-rendu de ces deux journées, qui ont réuni 84 participants à la Maison des Associations et à l’Ecole Supérieure de Journalisme.
Consultez le programme des deux journées
Voir les photos de l'Université prises par la MdA de Roubaix
Vendredi 28 août :
- Conférence d’ouverture par Nordine Nabili :
« Dès que vous mettez trois personnes dans une pièce, il se passe quelque chose ».

Nordine Nabili, aujourd’hui directeur de l’antenne de l’ESJ à Bondy, en Seine St-Denis, était encore dernièrement rédacteur en chef du Bondy Blog. Journaliste professionnel, il a été aux premières loges des émeutes urbaines de la fin 2005.
Verbatim : J’ai grandi dans une cité, l’associatif y est très présent. Parfois ce mot est galvaudé, pourtant « association » et « bénévole », ce n’est pas ringard, l’ESJ et le Bondy Blog en sont, c’est bien la preuve que le monde associatif est le « nid à microbes » du progrès, malgré les difficultés qu’il rencontre, notamment là où l’Etat n’existe plus.
Le Bondy Blog a été crée en novembre 2005, après les émeutes. Un magazine suisse a fait une enquête d’immersion à Bondy, qui est une ville de 50 000 habitants. Son journaliste, Serge Michel, a voulu prolonger son enquête en créant un blog. C’est comme cela qu’est né le Bondy Blog, du constat que la parole est confisquée. Il est géré par 4 personnes, il y a vingt contributeurs et 200 000 connexions mensuelles.
Lien : http://20minutes.bondyblog.fr/
La richesse de ce nouvel outil a suscité la curiosité des médias traditionnels. Après les émeutes, l’enjeu était de continuer à le nourrir. Il s’est alors crée une association pour le pérenniser. Tout cela s’inscrit dans une culture collective, qui, avec la crise et le chômage, a été très affaiblie et débordée par l’individualisme, dans le 9.3 comme ailleurs.
Il faut constater que l’image des banlieues est lourde, or ce sont des lieux de vie qu’on stigmatise. Le Bondy Blog a eu aussi l’ambition de valoriser ces territoires, où la machine à clichés fonctionne à plein.
Il y a un constat : sans les médias on n’existe pas. Or les associations sont productrices d’information, qui n’est pas reprise, par manque d’intérêt, routine, préjugés, etc. Donc comprendre comment fonctionnent les médias est un enjeu pour les associations. Elles doivent devenir incontournables sur les sujets qui intéressent les médias, parce qu’il est très difficile pour eux d’analyser leur travail, de parler des solutions qu’elles proposent ; c’est vrai qu’il est plus intéressant de parler des problèmes que des solutions.
La nouveauté apportée par le blog, est qu’elle casse l’info descendante. Car il faut rappeler qu’il y a entre sept et neuf millions de blogs en France.
- Présentation de la politique de communication de trois associations :
- Association Tourquennoise pour le Don : Cette association n’est pas une antenne régionale du Téléthon, mais le rassemblement de bénévoles actifs pour le recueil de dons qui lui sont destinés. En quelques années d’existence, elle a ainsi triplé le montant des dons recueillis auprès du public, en organisant toute l’année des manifestations festives locales, en distribuant des flyers, sur un mode de communication simple et efficace, privilégiant la proximité. L’association bénéficie du soutien des acteurs économiques tourquennois, et reverse l’intégralité des dons au Téléthon national. Une approche originale de la communication associative : fédérer autour d’une grande cause, sans en dépendre en termes d’image, et en restant très ancrée localement.
- Cap Solidarités :
Téléchargez le document "la communication et la Solidarité Internationale"
- AFEV
Téléchargez le document-bilan de la communication de l'AFEV sur l'événement "pas de quartier pour les inégalités"
Samedi 29 août :
- Atelier Les Logiciels libres au service du développement associatif
Téléchargez le document de l'association Cybercitoyen
Téléchargez le document de Neuronnexion (Arnaud Luquin), venu présenter des solutions pour les associations EPPLUG, L'Autre Net, et Picardie Nature.
- Atelier les associations, source et vecteur d’information :
Sandrine Vesrtavel, présidente de la MDA de Roubaix
Les Associations sont des acteurs incontournables, au sein de ces structures des pratiques innovantes sont mises en œuvre, et des expériences se développent. Les liens avec les médias sont forts et de proximité pour communiquer sur un territoire d’initiatives.
Les Associations s’engagent sur de nombreuses thématiques permettant de sensibiliser et de mobiliser le public, notamment sur le développement durable, les discriminations, ou encore la solidarité. Ainsi, elles sont et deviennent considérées comme des experts.
Si les associations sont considérées comme experts, pourquoi ne sont-elles pas plus sollicitées pour aborder des sujets de fond ?

Jean Marc Deltombe, directeur de la MDA de Roubaix
Rôle des MDA :
Ce sont des centres de ressources pour la vie associative à l’échelle d’un territoire local (municipal, métropole, région). A Roubaix, depuis 2006, la charte de la MDA nous engage à contribuer à la médiation de la vie associative, en favorisant l’échange entre les assos et les institutions , en créant un courant de dialogue et en faisant mieux connaître les thèmes abordés par les assos, leurs réussites et leurs préoccupations. Nous organisons régulièrement des rencontres des associations avec la presse locale, à l’occasion de petits déjeuners. Notre site internet permet aussi de faire des liens avec les sites de la presse locale pour des articles en lien avec la vie associative. Notre site met aussi le focus sur des informations d’actualité de la vie associative. La création et la prise de fonction du nouveau délégué du préfet (Amar BAOUCHE) sur la commune de Roubaix a d’abord été annoncée sur le site de la MDA de Roubaix, puis ensuite reprise dans la presse locale.
-La communication associative est insuffisante, notamment avec la presse. Certains responsables associatifs déploraient (lors de la première édition) l’obligation de « se vendre » pour faire paraître un article et la presse pointe souvent le manque de professionnalisme de la communication associative.
-Il faut distinguer la communication ( = ensemble des moyens et des techniques pour promouvoir l’activité d’une structure et son image) et le travail d’informations sur des sujets de fond. Dans la communication stricte, on est plus proche des techniques d’entreprises nécessaire pour valoriser l’activité de l’association. Dans le travail d’information (plus proche du rôle d’une association), on vise à sensibiliser l’opinion publique d’un territoire sur une thématique et ses enjeux : la discrimination, l’environnement, le handicap… ou sur un sujet transversal aux assos, l’emploi ou la politique associative. Ce que l’on constate aujourd’hui, sur le plan de l’information, c’est qu’il n’y a pas aujourd’hui d’investigation suffisante pour faire connaître ces sujets et les acteurs.
-Notre partenariat avec NE s’est installé progressivement depuis 4 ans. D’abord, sur la communication d’événement et la mise en valeur de bénévoles associatifs et de leurs activités, à l’occasion de Coup de pouce, la fête de la participation, et du forum des associations.
-Une première collaboration sur un travail d’information a été engagée l’année dernière. Nous avons proposé à NE d’enquêter sur un sujet qui concerne à la fois tous les Roubaisiens, et dans lequel sont impliquées de nombreuses associations : la rénovation urbaine. Le sujet a été accepté par NE qui a écrit une série de 4 articles. Une deuxième collaboration a concerné cette année le sujet sur l’emploi associatif.
Pourquoi ce sujet d’actualité n’avait-il pas été traité par la presse ?
L’année dernière éclate la crise financière, en fin d’année le gouvernement relance sa politique d’aide à l’emploi et notamment associatif de façon conséquente : 3000 contrats sur le Roubaisis. La MDA fait un édito sur « les pièges ou aubaines des contrats aidés », mais pas de retombée. Parallèlement le CBE diffuse son étude sur l’emploi associatif sur la Métropole Lilloise.
Donc la collaboration avec Nord Eclair a donné lieu à une série d’articles.
Nord éclair
C’est 30.000 exemplaires par jour, 50 journalistes et un très fort ancrage sur le versant nord-est. L’histoire de Roubaix et de Nord éclair sont liées : c’était auparavant le journal de Roubaix. Nord éclair a été créé à la Libération en 1944. En 1975, le quotidien est entré dans le giron du groupe Hersant.
Actuellement, nous appartenons au groupe de presse Rossel, après un bref passage chez Dassault. La Voix du Nord et NE font partie du même groupe, dans lequel on trouve également l’hebdo Nord littoral et le gratuit Lille Plus. Les difficultés économiques n’épargnent pas la presse : certaines de nos agences ont fermé (Douai, Valenciennes, Saint-André, Béthune…), on demande aux journalistes d’être plus polyvalents : ramener et traiter des infos bien sûr, mais aussi assurer les photos, la mise en page, les appels, mails et contacts indispensables avec nos lecteurs.
Tout cela non pas pour vous apitoyer sur la situation de la PQR (même si quand on est concerné par la vie locale , lire un journal, c’est quand même indispensable), mais pour souligner que les contraintes qui touchent au monde économique ou associatif ne nous sont pas inconnues. Un journal, ce n’est un pas un produit comme les autres certes mais il n’a d’avenir que s’il se vend. Nous nous efforçons de gagner des lecteurs, au moins de remplacer les vieux abonnés qui nous quittent... Un message : le capital sympathie ne suffit pas pour faire vivre un journal, il faut aussi l’acheter…
Pourquoi un partenariat entre un journal local et les maisons des associations ?
Le partenariat entre Nord éclair et la maison des associations de Roubaix est ancien, naturel, dû à la proximité, au suivi des événements locaux, au fait de se connaître, de se reconnaître aussi : Nord éclair et la MdA se voient souvent, que ce soit pour le forum des associations, pour l’opération Coup de Pouce (quand la Mda gérait le Fonds de participation des Habitants), des opérations sur lesquelles la MdA a à plusieurs reprises sollicité le concours rédactionnel de Nord éclair pour des pages spéciales, parfois avec des achats de journaux à tarif préférentiel mais pas forcément.
La Mda de Roubaix est dynamique et impulse par ses activités, par ses petits déjeuners, son AG des temps de rencontre et d’échanges qui sont pour la presse quotidienne régionale des mines d’infos. Pas forcément utilisables immédiatement, mais qui sont autant de contacts ou d’idées de futurs papiers.
L’an dernier, Jean-Marc Deltombe nous a sollicités pour une série d’été sur les associations. J’étais d’accord, mais je craignais qu’on reste vagues. Il a été convenu de choisir un thème : qu’apportent les associations dans le cadre de l’ANRU (la rénovation urbaine) : relogement, expression des habitants, concertation etc…
Cette série a été gérée par Marig Doucy et Elizabeth Da Costa, journalistes à NE. La MdA avait donné des contacts, des idées. Il n’y a pas eu de relecture, mais un échange d’informations en amont.
Deuxième édition cette année de ce partenariat : cette fois, la MdA a proposé comme sujet l’emploi dans les associations. Même méthode : Jean-Denis Hue nous a fourni à JF Rebischung et moi une liste de personnes à contacter ; nous en avions aussi de notre côté. Plusieurs thèmes sont été définis et les articles sont parus cette semaine en 4 volets ; Pourquoi l’été ? parce que c’est une période plus creuse, plus tranquille, où l’on prend davantage de temps. Appréciable quand il s’agit de prendre un peu de recul et de traiter un thème avec beaucoup d’interlocuteurs.
L’intérêt de ces séries, c’est que nous avons un but commun : informer sur la vie associative, dont on sait qu’elle est indispensable à la vie locale. Ce n’est pas une idée toute faite : c’est une réalité. Il n’y a qu’à compter au fil de nos pages le nombre d’initiatives associatives qui sont relayées : soutien scolaire, repas de quartiers, clubs sportifs, assos culturelles… En fait, l’info locale est souvent associative.
Et l’info, c’est la matière première de notre métier.
Chacun reste dans son rôle, son, métier, sa fonction. Personne ne fait le boulot de l’autre à sa place. Mais nous avons tout à gagner à nous parler, à échanger, à nous critiquer même, mais au moins à se dire les choses. Pour mieux les communiquer à nos lecteurs, qui sont les habitants de ce secteur, et donc parfois vos adhérents.

Comment mieux travailler ensemble ?
Les associations et les médias ont souvent intérêt à travailler ensemble. Il y a parfois des malentendus, des attentes déçues, des frustrations. Nous avons beaucoup à améliorer de notre côté. Quelques conseils quand même : cibler les infos à nous envoyer : trop d’infos tue l’info, sélectionnez ! Pensez au mail : c’est rapide, pratique. Privilégiez ce que les autres ne font pas ou n’ont pas pour faire la différence : un portrait de bénévole au parcours singulier, un projet innovant, une prise de position divergente etc